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Utilisation d’une solution sucrée à 30% associée à la succion
Bénédicte Lombart, Pascale Thibault
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Mise en ligne : septembre 2004
Bénédicte Lombart
Cadre infirmier
Unité fonctionnelle d’analgésie pédiatrique
Pascale Thibault
Cadre supérieur puéricultrice
CNRD
Hôpital Trousseau - Paris
Utilisation d’une solution sucrée à 30% associée à la succion et utilisation de l’allaitement maternel pour l’analgésie des gestes douloureux chez l’enfant de moins de 3 mois
Définition :
Analgésie chez le nouveau-né par l’ingestion d’une solution de saccharose ou de glucose à 30% et la succion d’une tétine lors d’un soin douloureux.
Analgésie chez le nouveau-né par l’utilisation de l’allaitement maternel lors d’un soin douloureux.
Objectifs :
Diminuer, voire supprimer la douleur provoquée par les soins chez l’enfant de moins de 3 mois.
Aspects juridiques :
Cet acte entre dans les compétences de l’infirmière et de l’infirmière puéricultrice annoncées à l’article 7 du décret n° 2002-194 du 11 février 2002 relatif aux actes professionnels et à l’exercice de la profession d’infirmier.
Bien que présentant peu de contre-indications, il est souhaitable que cette méthode d’analgésie fasse l’objet d’un consensus d’équipe et que son utilisation soit soumise à la rédaction d’un protocole de soin dans les services.
Indications :
· effraction cutanée : ponction veineuse, injection intra - musculaire, micro- prélèvement (à réaliser avec un stylo auto- piqueur), ponction lombaire, injection sous-cutanée
· pose de sondes : gastrique, sondage vésical (prévoir également une lubrification des sondes)
· ablation d’adhésif type poche à urine
· aspiration rhinopharyngée
· actes pour lesquels l’enfant doit être calme : échographie
Au vu des études, il est préférable d’associer plusieurs méthodes analgésiques. En effet il existe une meilleure efficacité d’action lorsqu’on associe la solution sucrée à la succion d’une tétine.
Pour la ponction veineuse ou artérielle, on peut ajouter de la crème Emla® sur la peau (Cf. protocole).
Contre-indications :
· Suspicion d’entérocolite
· Atrésie de l’œsophage · Fistule oeso - trachéale · Intolérance connue au fructose
Conditions à respecter :
· Utilisation d’une solution sucrée à 30% associée à la succion d’une tétine
Posologie :
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Nouveau-né ≤1,5 Kg |
0,20 ml |
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Nouveau-né de 1,5 à 2 Kg |
0,30 ml |
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Nouveau-né de 2 à 2,5 Kg |
0,50 ml |
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Nouveau-né de 2,5 à 3 Kg |
1 ml |
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Nouveau-né de plus de 3 Kg |
2 ml |
Fréquence d’administration
6 à 8 fois/24h pour le nouveau-né à terme
4 fois/24h pour le prématuré
· Utilisation de l’allaitement maternel
Chez un enfant allaité au sein il est tout à fait possible de remplacer l’utilisation d’une solution sucrée administrée par tétine par une mise au sein lors d’un geste douloureux.
Préparation du matériel : Seringue de 1 ou 2ml Tétine Saccharose ou glucose à 30% ou solutions prêtes à l’emploi.
Plusieurs options existent pour la préparation de solution de saccharose. Elle peut, par exemple, être préparée à l’avance par la pharmacie et conditionnée dans un flacon fermé ; elle peut aussi être préparée quotidiennement et stockée alors au réfrigérateur.
Pour le glucose à 30%, on utilise les préparations commerciales (ampoule de 10ml).
Déroulement de l’acte :
· Solution sucrée à 30% associée à la succion
1. Préparer le matériel pour l’analgésie ainsi que le matériel pour le soin douloureux
2. Installer l’enfant confortablement (favoriser l’installation dans les bras)
3. Déposer la solution sur la langue à l’aide d’une seringue ou d’une tétine en fonction de la quantité
4. Attendre un délai de 2minutes avant de réaliser le geste douloureux
5. Faire téter une tétine lors de l’administration de la solution et pendant toute la durée du geste
Si besoin, renouveler l’administration de la solution sucrée après 5 minutes
· Allaitement maternel :
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installer confortablement la maman et préparer le mamelon
-
mettre l’enfant au sein pendant au moins 2 minutes avant de réaliser le soin et poursuivre la tétée tout au long du geste douloureux.
Critères d’efficacité et de sécurité : Absence de signes douloureux : contrôlée à l’aide d’un outil d’évaluation adapté (Echelles DAN, EDIN, PIPP, NFCS). Veiller à ne pas dépasser le nombre d’utilisations journalières.
Eléments de surveillance :
Noter chaque administration de solution sucrée dans le dossier de soins infirmiers
Aspects psychologiques :
Compte tenu des études réalisées, il est évident aujourd’hui que l’être humain possède une mémoire de la douleur. Des actes douloureux répétés peuvent entraîner une baisse du seuil de tolérance à la douleur, une augmentation de la détresse et une aggravation des réactions phobiques vis à vis des situations douloureuses. Il est donc essentiel de limiter le douleur créée par les gestes des soignants.
Conseils du professionnel :
Les études montrent qu’il existe une synergie d’action lors de l’association de solution sucrée et de la succion. Ces méthodes sont également renforcées par le « peau à peau », les gestes de confort et de réconfort de l’enfant.
L’utilisation d’une méthode d’analgésie ne doit pas faire négliger : le regroupement des prélèvements, la question de leur intérêt (éviter des prélèvements répétés), l’utilisation d’autres méthodes de mesure chaque fois que cela est possible (bilirubinémie transcutanée, par exemple).
Vos commentaires sur cet article :
il y a 1 contribution(s)
au forum.
> 02. Utilisation d’une solution sucrée à 30% associée à la succion le : 22 janvier 2007
L’utilisation de cette méthode au-delà de 3 mois ne donne pas des résultats aussi probants. Elle peut éventuellement être essayée jusqu’à 6 mois, mais dépendra des capacités du nourrisson à se calmer en particulier avec la succion, mais a beaucoup plus de risque d’être inefficace. Il est donc nécessaire de prévoir des alternatives. Sur ce sujet voir aussi sur ce site l’article du Dr Carbajal dans la rubrique "enfant" moyens non pharmacologiques. Cordialement. P. Thibault cadre supérieur CNRD
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