Le programme de lutte contre la douleur 2002-2005
La douleur se définit comme "une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en terme d’une telle lésion". Cette définition souligne la grande variabilité qui peut exister entre chaque individu dans la perception et l’expression de la douleur face à une même stimulation douloureuse.
Deux types de douleur sont schématiquement reconnus : d’une part la douleur aiguë de courte durée comme la douleur post-opératoire, la douleur post-traumatique ou la douleur provoquée de certains actes et soins et, d’autre part, la douleur chronique rebelle comme la douleur des lombalgies et céphalées chroniques, celle de la maladie cancéreuse ou la douleur neuropathique en général. Contrairement à la douleur aiguë ponctuelle, la douleur chronique rebelle du fait de sa durée, de sa persistance malgré les traitements antalgiques usuels entraîne des séquelles invalidantes ayant des retentissements majeurs sur la qualité de vie de la personne.
Par sa nature subjective, dépourvue de marqueur biologique échappant à toute imagerie conventionnelle, la douleur aiguë ou chronique a longtemps été sous-estimée. Prendre en charge la douleur nécessite d’admettre sa réalité, de connaître les moyens de son soulagement, de considérer la personne dans sa globalité et d’entendre sa plainte. Aussi, si des générations de soignants ont tenté d’apporter aux patients le soulagement qu’ils étaient en droit d’attendre, et que des équipes pionnières ont développé depuis moins de 30 ans une approche nouvelle du patient douloureux chronique, il a fallu un engagement fort des autorités sanitaires pour qu’une prise de conscience individuelle et collective se développe et que des avancées puissent être réalisées dans ce domaine.
