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Laurence Benoît, Dr Véronique Forin

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Mise en ligne : juin 2004

 

Laurence BENOIT, Infirmière
Dr Véronique FORIN,
Unité Pédiatrique de Médecine Physique et de Réadaptation
Hôpital d’enfants Armand Trousseau, Paris
Mai 2003

Le sondage urinaire en pédiatrie

Définition :
Introduction par voie urétrale d’un cathéter dans la vessie.

Les objectifs :
Ils sont de 2 ordres  :

1- Sondage unique
Indications :
Exploration radiologique, cystographie rétrograde (CGR) ou exploration urodynamique (EUD) de la vessie.
Vidange vésicale complète.
Matériel :
Un sondage unique est toujours stérile. Les sondes utilisées sont des sondes silicone à ballonnets pour CGR. Des sondes type Bohler pour les explorations urodynamiques. Le matériel se compose d’un kit de sondage stérile comprenant des compresses et une cupule. Il faut se munir d’un lubrifiant stérile, d’un antiseptique, d’un champ et de gants ( si possible sans latex) stériles.
Traitement de la douleur :
Du temps est réservé pour expliquer à l’enfant le geste à réaliser, le désagrément éventuel du soin. L’environnement doit être calme. La présence des parents est souhaitable car très souvent apaisante pour l’enfant. L’utilisation du MEOPA [1-2] est systématiquement proposée. Cette information est donnée dès la prise de rendez - vous oralement et/ou par le livret adapté. Pour le garçon, nous proposons en plus une anesthésie locale de l’urètre avec du gel de xylocaïne, qui a l’inconvénient de provoquer des picotements urétraux. L’enfant choisit le déroulement du soin en accord avec le soignant.
Déroulement du soin :
Avant le sondage, se laver les mains, mettre des gants à usage unique et procéder à la toilette périnéale.
Enlever les gants, se relaver les mains, remettre des gants stériles et procéder à l’antiseptie du méat urinaire.
Introduire doucement dans le méat urinaire la sonde stérile préalablement lubrifiée. Le sondage doit toujours être atraumatique lors de l’exploration urodynamique.
Connecter la sonde vésicale aux raccords des voies de remplissage et de prise de pressions. Maintenir la sonde avec un adhésif anallergique sur la face interne de la cuisse pour un meilleur confort de l’enfant pendant l’examen.
Conditions à respecter :
L’exploration endocavitaire - CGR ou EUD - peut révéler que la vessie se vide incomplètement. Le médecin peut alors instituer un traitement antiseptique urinaire pour éviter toute infection liée à la stase urinaire et au sondage unique même stérile.
 
2- Sondage intermittent
 
Indications :
Dans certaines pathologies, la vessie se vide mal avec pour conséquences des infections et une incontinence urinaires. Les sondages urinaires répétés dans la journée, sur prescription médicale, permettent une vidange complète de la vessie à basse pression. Le haut appareil urinaire est préservé, les urines stérilisées [3-4]et la continence urinaire le plus souvent acquise.
Matériel :
Nous utilisons systématiquement chez le garçon des sondes autolubrifiées stériles pour préserver l’ urètre des possibles traumatismes dus au sondage. Pour les filles nous utilisons soit ces mêmes sondes autolubrifiées soit des sondes sèches réutilisables ou non.[5] En cas de réutilisation de la sonde, un protocole hygiène écrit est remis aux parents .
Pour les sondes autolubrifiées, il existe des "kits de sondages" avec poche de recueil d’urine intégrée facilitant le sondage propre en toute circonstance.
Conditions à respecter :
Lors de prescription de sondages intermittents propres, il est impératif de vider correctement la vessie toutes les quatre heures. [3-4] Pendant la durée de l’apprentissage et tant que les sondages évacuateurs ne sont pas réguliers, le médecin peut décider de prescrire des antiseptiques urinaires.
Traitement de la douleur :
Comme pour réaliser un sondage unique nous réservons du temps, voire beaucoup plus de temps, pour cet apprentissage. La première consultation infirmière consiste à évaluer les connaissances de l’enfant, à expliquer le but et la technique du sondage, à le prévenir du désagrément que peuvent représenter les premiers sondages.
L’ environnement doit être calme. La présence des parents est souhaitable et souvent apaisante pour l’enfant. Une information sur la possibilité d’utiliser le MEOPA[6 ] pour les premiers sondages est faite systématiquement, qu’ils soient réalisés par l’infirmière ou par les parents. Le MEOPA n’est utilisé que sur prescription médicale.
En début d’apprentissage et en cas d’ urètre sensible, nous proposons l’utilisation de gel de xylocaine [7] aux garçons pour une anesthésie locale de l’urètre avec les mêmes désagréments déjà signalés.
Dans les rares cas, d’urètre trop sensible et d’impossibilité de sondage par voie urétrale, nous n’insistons pas sur la voie urétrale des sondages mais discutons, en réunion médico chirurgicale, d’une éventuelle cystostomie étanche. [8]
Déroulement du soin :
Avant le sondage, se laver correctement les mains à l’eau et au savon et se brosser les ongles. Faire une toilette périnéale si souillure dans la couche.
Ouvrir le sachet protecteur de la sonde vésicale, la saisir. Après repérage du méat urinaire pour les filles et mise en bonne position de la verge pour passage aisé du coude urétral pour les garçons, introduire doucement la sonde jusqu’à obtenir des urines. Maintenir la sonde en place tant qu’il y a des urines pour effectuer une vidange complète. A l’arrêt de tout écoulement d’urine, retirer la sonde tout en l’inclinant vers le bas pour assurer un bon drainage de l’urètre.
Critères d’efficacité et de sécurité :
Faire une toilette périnéale matin et soir (douche + savon), l’usage du gant de toilette étant proscrite. Si souillures dans la couche pour les jeunes enfants, faire une petite toilette avant le sondage.
Se laver les mains avant chaque sondage
S’assurer à chaque sondage de la vidange complète de la vessie.
Si mauvaise manipulation ou chute accidentelle de la sonde, reprendre impérativement une autre sonde.
Ne jamais faire moins de 5 sondages vésicaux évacuateurs par 24 h pour éviter la prolifération des bactéries au bout de 4 heures.[ 3-4]
Conseils du professionnel :
Si les urines sont troubles ou malodorantes, augmenter l’apport hydrique et réaliser un ou deux sondages supplémentaires pendant 24 à 48 heures.
Si les troubles persistent, faire un examen cytobactériologique des urines. Une infection urinaire vraie est traitée selon les circonstances.
Si retard dans l’heure du sondage, le faire sans attendre davantage.
Eléments de surveillance :
Si fièvre supérieure à 38°5 non expliquée par une pathologie, pratiquer un examen cytobactériologique des urines pour confirmer une possible pyélonéphrite à traiter en milieu hospitalier.
Aspects psychologiques :
Dans la littérature aucun écrit ne rapporte la prise en charge psychologique de patients aux sondages intermittents. L’ expérience montre que les sondages intermittents sont bien acceptés si le premier sondage n’est pas synonyme de douleur et s’ils apportent à l’enfant de réels bénéfices (continence, disparition des infections urinaires).
Réserver du temps pour le premier entretien est indispensable. Du climat de confiance qui s’instaure lors de ce premier contact va dépendre l’acceptation de cette nouvelle contrainte de soin dans la vie de l’enfant et de sa compliance au traitement.
Banaliser le plus possible le geste du sondage sans occulter les peurs qu’il peut générer : peur de" perdre sa virginité", peur de se tromper d’orifice au cours du sondage pour les filles, peur de ne pas" y arriver"... etc 
Des livrets [9] et/ou des cassettes éducatives sont remises à l’enfant et à ses parents. L’infirmière favorise le dialogue et laisse l’enfant exprimer ses craintes, elle y répond au mieux. Le dessin, la parole, le jeu sont parfois nécessaires pour dédramatiser " le sondage". Dans notre pratique nous n’avons pas eu à faire appel à une psychologue.
Deux équipes, très entraînées à cette technique, ont rapporté dans deux études le vécu des enfants et des familles. Cette contrainte de soin semble bien acceptée et intégrée dans la vie quotidienne ; pourtant la nécessité d’un suivi par le référent infirmier est pointé par les familles.[10-11]
 
 
BIBLIOGRAPHIE
 
1.Forin V, Benoit L,(IDE) - Unité de réeducation pédiatrique, Tourniaire B, (UFAP), Cimerman P (IDE) - CNRD Hôpital Trousseau/Paris Evaluation de la douleur lors du bilan urodynamique pratiqué en pédiatrie sous MEOPA. UNESCO, Paris, 6 février 2004.
2.Bolitt.K, Garrido S - CHU Bicêtre - Service de Radio pédiatrie du Dr Pariente Succès de l’utilisation du MEOPA au cours des cystographie rétrogrades. UNESCO, Paris, 6 février 2004.
3. Guttman L.Spinal cord injuries : comprehensive management and research. Oxford : Blackwell Scientific Publication, 1973.
4. Lapides J. Diokno AC, Sherman JS, Lowne BS. Clean intermittent Self-catheterization in the treatment of urinary tract disease. J Urol 1972 ; 107 : 458 -61.
5.Schlager TA, Clark M, Anderson S. Effect of a single use steril catheter for each void on the frequency of bacteriuria in children with neurogenic bladder on intermittent catheterization for bladder emptying. Pediatrics 2001 ; 108(4):E71.
6. P. Schmit, M. Sfez. Prise en charge des manifestations anxieuses et douloureuse en uroradiologie pédiatrique. J. Radiol, 1997 ; 78 : 367-372.
7. Xylocaïne. Réf
8. Forin V, Benoît L, Besson, Mon livre de sondage (enfants porteurs d’une cystostomie
étanche : Le Mitrofanoff Laboratoire Coloplast ; juin 2003
9. Forin V, Benoît L, Besson, Mon livre de sondage Laboratoire Coloplast ; février 2003.
10. Forin V. Le cathétérisme vésical intermittent chez l’enfant : bilan après un suivi de 5 ans. XXIIe Congrès de la SIFUD, Nîmes, 3-4-5 juin 1999.
11.Faivre C, Aubert D, CHU St Jacques, Besançon. Vécu du sondage intermittent par l’enfant et sa famille l’autre face du miroir. XXIIe Congrès de la SIFUD, Nîmes, 3-4-5 juin 1999.


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