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Fiches de soins >  L’évaluation de la douleur chez l’enfant

P. Thibault - B. Lombart

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Mise en ligne : février 2006

 
L’EVALUATION DE LA DOULEUR DE L’ENFANT
 
Pascale THIBAULT
Cadre supérieur de santé, puéricultrice
Bénédicte LOMBART
Cadre de santé
 
Définition :
 L’évaluation de la douleur est l’objectivation de la douleur d’un enfant à l’aide d’un outil adapté à son âge et à son état.
 Deux types d’évaluation existent : l’auto évaluation (réalisée par l’enfant lui-même), l’hétéro évaluation (réalisée par une tierce personne, le plus souvent l’infirmière, à l’aide d’un outil adapté).
 
Objectifs :
 Cette pratique sert à apprécier l’état initial de l’enfant, diagnostiquer la douleur, décider de la mise en œuvre d’un traitement, en évaluer l’efficacité et le réajuster le cas échéant. L’utilisation d’outils communs au sein d’un service permet d’homogénéiser les pratiques.
 
Aspects juridiques :
 Cet acte entre dans les compétences de l’infirmière et de l’infirmière puéricultrice annoncées à l’article R4311-5 livre 3 titre 1 du CSP relatifs aux actes professionnels et à l’exercice de la profession d’infirmier.
 
Indications :
 L’évaluation de la douleur est un paramètre de surveillance de l’enfant au même titre que la prise de température, la surveillance du pouls ou la mesure de la tension artérielle. Une évaluation initiale systématique est souhaitable, même si l’enfant ne présente pas de signes de douleur. La fréquence de l’évaluation dépendra ensuite de l’état de l’enfant, du contexte de douleur, de la mise en œuvre du traitement. Ce dernier point implique de tenir compte du délai d’efficacité de l’antalgique selon la voie d’administration : IV 15mn, IR : environ 1h pour les suppositoires, 15 à 20mn pour les formes liquides.
 
Contre-indications :
 Il n’existe pas de contre indication à l’évaluation de la douleur. Il existe par contre des indications d’utilisation des outils en fonction de l’état de l’enfant, de son âge, du contexte de douleur (douleur post opératoire, douleur chronique, etc...).
 
Conditions à respecter :
 L’outil d’évaluation doit être adapté, fiable, validé,
 Dans chaque service, le choix des outils de référence se fera en fonction des pathologies traitées et des âges et états des enfants accueillis. 2 à 3 outils par service suffisent. Il est essentiel que les références soient les mêmes au sein d’une équipe.
 Il est souhaitable de prévoir le temps nécessaire à l’évaluation de la douleur, en particulier lorsqu’il s’agit de douleurs chroniques ou d’une première évaluation.
 
Préparation du matériel :
 En fonction de l’outil choisi, il sera nécessaire d’en disposer aisément. Des grilles d’évaluation seront mises en place dans les dossiers de soin des patients. Un moyen de noter les résultats de l’évaluation doit être envisagé dans le dossier de soin du patient.
 
Déroulement de l’acte :
 L’évaluation de la douleur constitue une étape indispensable de la prévention et au traitement de la douleur. Elle est réalisée en s’adressant directement à l’enfant lorsqu’il s’agit d’une auto évaluation (à partir de 6 ans chez l’enfant ne présentant pas de difficultés intellectuelles ou cognitives transitoires ou permanentes). Pour l’enfant plus jeune ou l’enfant présentant un handicap cognitif ou mental, une tierce personne évalue la douleur de l’enfant en utilisant une échelle d’hétéro évaluation adaptée à la situation. Il est essentiel que le soignant note l’ensemble des critères.

Critères d’efficacité et de sécurité :
 Le choix de l’outil doit être fait en fonction de l’âge l’état de l’enfant et du contexte d’hospitalisation. Cf tableau joint.

Eléments de surveillance :
 Les éléments de surveillance sont l’atténuation, voire la disparition des signes de douleur en fonction de l’efficacité du traitement.
 Il est essentiel de noter le score de douleur dans le dossier du patient, afin de pouvoir suivre l’évolution de l’état de l’enfant ou d’ajuster un traitement antalgique lors d’un soin douloureux.
 
Aspects psychologiques :
 Le soignant peut être confronté à un déni de la douleur de la part de l’enfant et/ou de son entourage. Cette situation nécessite à la fois d’évaluer les signes de douleur observés à l’aide d’un outil d’hétéro-évaluation et d’amener progressivement le patient à reconnaître sa douleur.
 Il est important d’impliquer les parents dans le processus d’évaluation.
 L’atonie psychomotrice est définie comme un état de douleur extrême. Elle est parfois confondue avec un état de dépression. Dans l’atonie psychomotrice l’enfant est inexpressif et recherche peu, voire pas du tout la relation. Ceci n’est pas le cas de la dépression.
 
Conseils du professionnel :
 L’évaluation de la douleur est un acte à la fois simple et complexe. Le maintien d’une pratique professionnelle régulière de l’évaluation dans un service de soin constitue une des difficultés majeures de la prise en charge de la douleur. Il est indispensable de toujours entretenir cette pratique.
 L’expression de la douleur est soumise à des facteurs socio-culturels, éducatifs, religieux, familiaux. Le sexe de l’enfant, sa personnalité et ses expériences antérieures de douleur peuvent également avoir une influence.
Les grilles d’hétéro évaluation sont parfois à l’origine d’insatisfaction car elles ne répondent pas de manière optimale aux attentes des professionnels. Toutefois il faut encourager leur utilisation car ces outils permettent de garder une trace écrite des différents éléments observés successivement par les professionnels et restent un guide précieux aux observations de la sémiologie de la douleur.
 
 
 
 


tableau recapitulatif des outils d’evaluation de la douleur chez l’enfant 10.7 ko

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