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Compte Rendu 6è Journée - 20 octobre 2011
Une journée riche en échanges fructueux
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6è JOURNEE DU CNRD – 20 OCTOBRE 2011 734 professionnels de santé réunis autour de la douleur provoquée par les soins
La 6è journée du CNRD a eu lieu le jeudi 20 Octobre 2011 à l’Espace Charenton, à Paris 12ème. 734 personnes y ont participé.
La matinée a abordé différentes problématiques organisationnelles et pratiques par rapport à la prise en charge de la douleur. La conférence inaugurale a traité de l’impact des procédures de certification sur l’amélioration effective de la prise en charge de la douleur. En effet, si parmi les principaux critères de ces procédures il y a la prise en charge de la douleur, c’est sous l’angle de la présence de protocoles, de traçabilité, d’organisation d’EPP mais pas sur l’évaluation de l’efficacité de l’analgésie auprès des patients. Par ailleurs, un paradoxe majeur a été soulevé. D’un côté il est demandé aux soignants de consigner dans les dossiers de soins toute leur activité, ce qui semble louable bien sûr, mais cela dans un contexte de diminution des effectifs dû à des concentrations d’activité et des regroupements de structures. Au total, le temps passé auprès du patient est réduit.
La session suivante a concerné les CLUD et les infirmières ressources douleur. Sous le titre provocateur « Faut-il garder les CLUD », une table ronde avait été organisée avec des professionnels de terrain responsables de CLUD de 3 établissements, pédiatrique, psychiatrique et privé. Cela a permis des échanges très intéressants avec les congressistes, montrant l’importance de cette structure pour les soignants, pour la promotion de l’amélioration de la prise en charge de la douleur dans les établissements. La table ronde suivante sur le rôle des infirmières ressources et référentes douleur était une suite finalement logique qui a donné lieu à un débat très riche avec la salle. A l’issue de ces débats il semble évident que la présence d’une infirmière ressource a un impact majeur sur la qualité de prise en charge de la douleur mais il était souligné aussi que n’étant pas reconnue entant que telle, leur activité spécifique est souvent précaire car partagée avec une autre jugée plus importante. Donc de nombreuses infirmières ressources, lorsqu’elles existent dans les établissements, ce qui est la majorité d’entre eux, ont une activité « douleur » « bénévole » car en plus de leurs autres activités de soin.
En fin de matinée, une session était consacrée à la prise en charge de la douleur lors d’actes ou de gestes en ambulatoire et en libéral. Ainsi Madame Gaillard, infirmière diplômée d’état, nous a présenté comment elle prenait en charge la douleur lors des soins d’ulcères de membre au domicile. Puis ce fut au tour de Madame Zinchiri-Diamantidis, infirmière et puéricultrice, de nous montrer sa façon de prendre en charge la douleur de l’enfant lors des soins qu’elle réalisait au domicile. Ces deux présentations étaient richement illustrées et pragmatiques.
Pour terminer cette session, le Dr Lebrun-Grandié, neurologue, a exposé les résultats d’un recueil prospectif sur 5 années concernant la douleur provoquée chez plus de 600 patients, lors de la réalisation d’électro-neuromyogrammes. Le résultat le plus spectaculaire était une diminution progressive au cours de ces 5 années de l’intensité de la douleur provoquée par l’aiguille ou la stimulation. Et ceci a été dû au fait que, le praticien ayant pris conscience du traumatisme subi, il avait changé son discours auprès du patient et sa façon de procéder, mais sans changement de matériel ni méthode médicamenteuse. Outre l’intérêt de la question posée et les résultats, ce travail montre clairement qu’il est tout à fait possible d’avoir une activité de recherche clinique en médecine libérale de ville.
L’après-midi a été consacré dans une première session à la place du MEOPA en ambulatoire et en dehors de l’hôpital. Il en ressort que l’utilisation du MEOPA, sorti de la réserve hospitalière depuis un an, bien que théoriquement possible, semble complexe à mettre en place en pratique. Cependant le Dr Pontaud gériatre dans une EHPAD à Saint-Cyr-sur-Mer a montré que c’était tout à fait possible puisque c’est ce qu’il fait dans son établissement. Un des obstacles majeurs à la mise en place du MEOPA est actuellement son non remboursement.
Les résultats préliminaires d’une étude réalisée en collaboration avec la Fédération Nationale des Etablissements d’Hospitalisation à Domicile et le CNRD ont ensuite été présentés. Plus de 250 soins effectués sous MEOPA au domicile chez des enfants et des adultes ont été analysés prospectivement dans une dizaine d’HAD en France. Il y était montré que c’est possible de faire du MEOPA au domicile et que c’est efficace. La deuxième session de l’après midi était consacrée aux travaux accompagnés ou réalisés par le CNRD, dont les résultats de l’étude REGARDS. Cette étude a inclus 1265 personnes âgées de plus de 65 ans en institution et a analysé plus de 35000 gestes faits par les soignants. REGARDS a montré que 32% des personnes ressentaient une douleur (mesurée avec ALGOPLUS) lors des soins, les personnes les plus fragilisées étaient les plus exposées et moins de 1% des gestes se faisaient avec une analgésie spécifique.
L’infirmière ressource douleur de l’hôpital de Nouméa a présenté les résultats d’un audit très impressionnant en termes d’organisation sur la prise en charge de la douleur concernant tous les secteurs de l’établissement, les soignants et les patients. Ensuite, les résultats d’une étude contrôlée randomisée sur l’intérêt du toucher pour diminuer la douleur provoquée par le retrait d’un redon, effectuée à l’hôpital Saint-Joseph (Paris 14), ont été présentés. La méthode semble efficace mais demandera certainement des investigations complémentaires pour confirmer. Pour clore cette journée, Mme Thibault a présenté le nouveau DVD réalisé par le CNRD intitulé « Douleur provoquée par les soins : rôle propre infirmier ». Au total, cette 6è journée du CNRD a été très riche et source d’échanges fructueux.
Crédit photos : BGProductions@2011

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